Stop procrastination: 6 clefs pour être réactif

D’abord, que veut dire procrastination ? Il s’agit de la tendance à remettre au lendemain, à ajourner, à temporiser.


En quoi, la procrastination peut être un problème ?


  • Nous avons plusieurs journées dans une journée. Nous avons le temps obligatoire (dormir, manger, se laver...), le temps professionnel (gagner de l'argent, donner un sens en ayant un rôle à jouer pour la société...), le temps récréatif (nos passions, nos plaisirs, les amis, la famille...) et le temps pour notre évolution (articles, livres, séminaires...). Généralement, nous avons besoin de ces 4 temps pour être en équilibre pour gagner en performances et en bien-être. Si pour chaque activité, nous avons un temps de démarrage inefficace (sans parler du manque d'organisation), nous allons perdre quelques secondes ou quelques minutes. Et toutes ces minutes additionnées perdues par mini-procrastination vont faire la différence entre une journée en 4 temps et une journée en 2 temps, c'est-à-dire, sans temps pour notre évolution et notre récréation. La journée en 2 temps c'est la fameuse journée « boulot-dodo » frustrante.

  • Pas de temps récréatif est une journée qui manque de « fun » et de plaisirs.

  • Une journée sans temps pour notre évolution est une journée de stabilité qui peut créer de la monotonie et de la lassitude.

  • Une journée sans temps pour notre évolution est une journée qui nous éloigne de la possibilité de devenir expert dans une matière. Pour devenir expert, il faut chercher à se dépasser chaque jour.

  • Pour devenir expert et améliorer nos résultats, nos gains financiers, nos performances, notre gestion du stress, il faut cumuler 10 000 heures en moins de 10 ans. Pour une personne qui travaille 5 jours par semaine, 47 semaines par an, il faut cumuler un peu plus de 4 heures par jour sur la matière à maîtriser. Nous travaillons 7 heures par jour, donc à priori, le quota est atteint. Sauf que nous faisons 7 heures de présence et seulement 3 heures de travail effectif. Cette différence n'est pas due seulement à notre temps de démarrage, c'est surtout dû aux réunions inefficaces, aux sollicitations de nos supérieurs, collègues, vie privée, au manque d'organisation, aux problèmes informatiques...Pour devenir expert, il va falloir savoir se créer des bulles de concentration et éviter le temps de démarrage.

Alors comment améliorer notre temps de démarrage et limiter la procrastination ?


+ Objectif adapté à nous-mêmes.


Par exemple, nous n’avons pas envie d’aller à la musculation. Pourtant, le sport est bon pour la santé et le moral. Nous pouvons penser que nous sommes des fainéants... ou que nous nous forçons à faire un sport qui ne correspond pas à nos valeurs et notre identité ? Essayons de trouver un sport ou une activité physique que nous apprécions vraiment. S’il n’y a pas d’amusement ou du plaisir, il faut du changement. Faire profondément ce que l'on aime permet d'avoir l'énergie d'agir.


+ Objectif qui a un sens.


Un objectif doit avoir un sens pour nous. Être convaincu que cet objectif apporte du positif dans notre vie. Trouver l'énergie pour un objectif qui manque de sens, voir qui est un non-sens est extrêmement difficile, voire impossible à long terme.


Par exemple, faire du ménage. En premier lieu, « ménage » est un mot représenté dans l’imaginaire par du négatif comme quelque chose de rébarbatif, de non valorisant, une corvée...


Demandons-nous POURQUOI nous devons faire telle activité. Qu'est-ce que faire cette activité va nous apporter, ou du moins qu'est-ce qu'elle va nous éviter de subir. Pour le ménage c'est de vivre dans un environnement propre et rangé ce qui améliore notre bien-être et aussi notre efficacité (plus à chercher des objets tel que les clefs de voiture qui sont mal rangés). Prenons le temps de trouver une ou plusieurs raisons qui nous tiennent à cœur pour donner du sens à nos actions.


Personnellement, j'aime bien que mes coachés déterminent leur journée « parfaite ». Ainsi, avant chaque action, ils se demandent comment cette action peut leurs permettre de se rapprocher de cette journée parfaite. Par exemple, une personne qui veut devenir photographe professionnel, plutôt que de faire un travail alimentaire et traîner des pieds, peut se dire que son travail c'est son mécène qui investit dans son matériel et ses formations.


+ Objectif calibré à nos forces et nos fragilités.


Imaginons, nous sommes des novices en escalade et nous voulons essayer. Là, notre coach nous met devant une falaise extrêmement difficile, très dangereuse et sans harnais. Une erreur et c'est la mort. Qu’est-ce qui se passe ? Nous allons gentiment rester dans notre zone de confort et ne pas agir. Nous n'allons jamais démarrer.


Quand l’objectif est mal calibré (trop haut ou trop bas), nous allons nous décourager ou nous ennuyer. Combien de commerciaux travailleurs, rigoureux perdent toute efficacité face à des objectifs trop hauts par rapport à un contexte donné ? Ou inversement, combien d'équipes professionnelles de football ont perdu en coupe de France face à des équipes amateurs par manque d'envie ?


Pour les objectifs à moyen ou long terme, l’idéal est de les découper en petits objectifs calibrés à nos forces, à nos fragilités, à notre expérience et au contexte. Ainsi, il faut éviter d'enchaîner les défaites pour éviter le découragement et aussi éviter d'enchaîner les victoires trop faciles pour éviter la lassitude.


« Celui qui veut atteindre un objectif lointain doit faire de petits pas. » Saul Bellow

+ Croyance positive.


Et si le côté procrastinateur venait de croyances limitantes ? Durant la petite enfance, les adultes ne nous éduquent pas, ils nous programment, c’est-à-dire que nous apprenons des croyances. Les bonnes phrases telles que : « Tes grands-parents sont moutons, tes parents sont moutons, tu seras mouton, c’est génétique. » Ou encore : « Ta mère était nulle en maths, tu tiens de ta mère. » Et le pire, c’est qu’en plus d’y croire, nous réutilisons les mêmes stratégies qui ont amené à de tels résultats renforçant ces croyances. Même stratégie + même croyance = même résultat. Même cause, même effet.


C’est l’effet Pygmalion, mis en évidence par l'expérience de Rosenthal et Jacobson : le comportement d’une personne est influencé par ce que son entourage pense et attend d’elle ou la façon dont elle-même se perçoit. Ce phénomène est bien connu des enseignants.


Il faut prendre conscience des croyances limitantes et les transformer. Avoir confiance en soi avec ses forces et ses lacunes. Arrêter d'imaginer des scénarios catastrophes et visualiser des situations de succès. Et surtout, mimer des stratégies gagnantes (avec des profils similaires) plutôt que des stratégies vouées à l’échec. Alors, avant de nous limiter, cherchons si une personne a déjà réussi notre objectif et mimons-là intelligemment.


+ Être en forme.


Être fatigué, c'est mal vu. Et pourtant, l'être humain a une notice d'utilisation à respecter. Bien dormir, bien manger, se reposer, bouger, respirer de l'air de qualité, côtoyer des personnes réjouissantes, prendre le soleil (avec parcimonie) …

Peur de perdre son travail, peur d'être jugé... Tout cela fait que nous dépassons nos ressources. Nous sommes fatigués, alors nous prenons des stimulants, nous n'écoutons pas les symptômes jusqu'à ce que nous craquions. OUI, nous avons le droit d'être fatigués physiquement et de procrastiner en voulant juste rester dans le canapé.


+ Gestion des émotions.


Généralement, même si nous sentons que nous pouvons gagner en performances et en bien-être, nous avons du mal à agir, car paradoxalement, nous sommes en vie. Que nous soyons en vie est le plus important pour notre cerveau. Le cerveau préfère une vie médiocre que du changement. Qu'est-ce qui garantit au cerveau que le changement ne va pas nous mener à la mort ? Par exemple, durant l'âge de pierre, nous avons toujours mangé tel type de végétaux et nous sommes vivant. Qu'est-ce qui nous assure que manger un autre végétal ne va pas nous empoisonner ?


Pour notre cerveau rationnel, le changement, c'est à éviter absolument.

Tel comportement = nous sommes vivants.

Changement = possibilité de mourir.

C'est pour cette raison que tout changement entraîne du stress, des questions et des milliards d'excuses pour renoncer.


La solution se divise en 3 étapes.

  • Agir tout de suite. Le cerveau met entre 6 et 11 secondes pour trouver des excuses. Alors réagissons en 5 secondes. Par exemple, nous pouvons décompter « 5, 4, 3, 2, 1 GO ! » et agir tout de suite. Rappelons-nous qu'il vaut mieux une action imparfaite qu'une parfaite inaction.

  • Faire le bilan suivant. Qu'est-ce que je perds en renonçant et qu'est-ce que je gagne en changeant ? Aujourd'hui, grâce à l'évolution et au progrès technique, nous avons la chance que nos changements n'entraînent pas la mort (ou très rarement). Qu'est-ce que nous perdons ? Souvent pas grand-chose par rapport aux gains. Aller parler à une personne ? Perdre un peu d'honneur en prenant un râteau ou peut-être gagner la personne de notre vie ou au moins de l'expérience sur comment draguer? Frapper à la porte d'une entreprise pour vendre un contrat ? nous pouvons être juste rembarré ou signer un nouveau contrat... Alors, foncez! Qui ne tente rien, n'a rien !

  • Est-ce que cette modification me permet de me rapprocher de mon « moi idéal » ? Si la réponse est oui, encore une bonne raison d'agir malgré les inquiétudes du cerveau. De plus, de savoir que nous nous rapprochons de notre « moi idéal » est stimulant. Nous donnons un sens à cet objectif, ce qui facilite le passage au mode action.

Pour terminer, même si c'est une motivation « négative », il faut tout de même surligner que les contraintes restent une très bonne source de motivation. En effet, payer ses factures, son loyer, son prêt, être responsable de sa famille, vouloir partir en vacances...sont des raisons tout à fait valables pour se mettre en action.




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